Projets & partenariats

  • 2016 – aujourd’hui : projet CORMORAN (CORpus web de mots MORphologiquement construits sur ANthroponymes), partenariat avec l’entreprise Data Observer. Élaboration d’une méthodologie de collecte et de veille afin de construire un corpus web de mots morphologiquement construits sur noms de personnalités politiques françaises.

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Le projet NHUMA vise la description d’une catégorie lexicale de noms encore en marge des études dans le domaine de la sémantique nominale : les noms qui dénotent des « humains » (personne, individu, touriste, linguiste, banlieusard, président, socialiste, etc.).
De prime abord, ces noms ne semblent pas poser de problème majeur : ils désignent des entités concrètes, comptables et hétérogènes, dont l’« évidence extralinguistique » est telle que les classifications en usage ne semblent pas devoir être questionnées.
Un examen attentif des faits révèle pourtant un certain nombre de difficultés, culturelles (la bipartition humain vs non humain n’est pas la même dans toutes les langues), mais aussi ontologiques (les hiérarchies habituelles, du type une pomme est un fruit, s’appliquent difficilement aux entités humaines, cf. l’impossibilité de dire un plombier est un homme) et psychologiques (les catégories sociales renvoyant aux humains font l’objet de classifications hétérogènes multicritériées par les sujets plutôt que de taxonomies).

Le projet NHUMA a l’ambition de proposer tout d’abord un « état de l’art » linguistique, au-delà des deux disciplines traditionnellement concernées par le thème (morphologie et syntaxe), puis de faire l’inventaire des noms d’humains en les classant suivant des principes linguistiques fondés sur leurs caractéristiques formelles, et enfin de mettre au jour les spécificités linguistiques des noms d’humains, par contraste avec d’autres noms plus couramment étudiés.

Le projet est porté par deux groupes de recherche, le laboratoire LiLPa (Linguistique, Langues, Parole // EA1339) de l’Université de Strasbourg ainsi que le Séminaire d’Études romanes (Faculté de Philologie) de la Ruhr-Universität de Bochum, auxquels sont associés deux groupes d’enseignants-chercheurs des universités de Lorraine (Atilf), d’Artois (Grammatica et Calhiste) et des collaborateurs occasionnels. Outre le caractère inédit du thème retenu, l’originalité du projet tient donc également à ses dimensions pluridisciplinaire et plurilinguistique. L’équipe opérationnelle se compose de morphologues, sémanticiens, linguistes informaticiens, traductologues et diachroniciens, touchant les trois grandes famille linguistiques européennes : langues romanes (espagnol, italien, roumain), germaniques (allemand, anglais) et slaves (serbe, bulgare).

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